Allaiter ou ne pas allaiter? Pourquoi pas les deux ?
Le mot d'Alice & Camille
L'allaitement maternel - cette expérience parfois glorifiée, parfois controversée - est souvent présenté comme une décision binaire : soit vous vous lancez dans cette aventure lactée, soit vous la laissez passer. La réalité est bien plus nuancée. L'allaitement maternel n’est pas une case dans laquelle on se coince pour les prochains mois de notre vie. C’est une expérience flexible et personnelle: à toi de tester et de trouver ce qui convient à toi, ton bébé, et ta famille.
Les mythes de l’allaitement sont nombreux:
tu ne peux pas donner un biberon à un enfant allaité
tu dois allaiter au moins 1 an pour que ton enfant soit en bonne santé
c’est douloureux à chaque tétée
il est même nécessaire d’aller jusqu’au sevrage naturel
Rien de mieux pour effrayer celles qui ne sont pas sûres de vouloir allaiter !
Pas de panique. En réalité, l'une des choses les plus épuisantes à propos de l'allaitement maternel est la pression sociale qui l'entoure. Mais devine quoi ? Tes seins, tes règles ! Personne d'autre n'a le droit de décider ce qui est le mieux pour toi et ton bébé.
Allaitement exclusif, mixte, ou partiel : Comprendre les options
Il est important de savoir que l’allaitement ne se limite pas à un engagement exclusif. Beaucoup de mères choisissent d’allaiter partiellement, en introduisant progressivement le biberon ou en combinant l’allaitement avec du lait maternisé. Cette approche mixte permet aux mères de bénéficier des avantages de l’allaitement tout en ayant la liberté d’introduire d’autres formes d’alimentation.
Allaitement exclusif : L’enfant est nourri exclusivement au sein, sans ajout de lait artificiel ni d’aliments solides, généralement pendant les six premiers mois.
Allaitement mixte : L’allaitement est combiné avec l’introduction de biberons de lait maternisé ou du lait maternel tiré. A noter que l’allaitement exclusif est recommandé pendant les 3 premières semaines au moins, le temps que l'allaitement se mette en place.
Allaitement partiel : L’allaitement est poursuivi, mais de manière plus occasionnelle, par exemple une ou deux fois par jour, en complément d’autres sources de nutrition. C’est souvent le chemin qu’empruntent les mamans qui ne veulent pas tirer leur lait au moment de la reprise du travail ou de la diversification.

Peu importe ton choix, rappelle-toi que tu es une super maman, faisant de son mieux dans un monde rempli de conseils contradictoires et de jugements sans fin.
Etre une mère, c'est aimer et prendre soin de son enfant, que tu utilises un biberon ou un sein. Et le lien entre une mère et son enfant ne se mesure pas en gouttes de lait, mais en moments partagés, en câlins, en rires et en larmes.
Une étude menée dans le champ de la psychologue auprès de singes, montre qu’un bébé singe exposé à un choix entre une maman singe avec une grosse fourrure douce et une maman sans fourrure mais avec un biberon de lait se tournera vers la maman avec la fourrure! Le côté affectif prime sur le côté nutritionnel et cela de manière primitive.
Questions & Réponses
Je ne pense pas allaiter mais j’ai entendu parler de la tétée de bienvenue. Qu'est-ce que c'est? Est-ce qu’une seule tétée a tout de même des bienfaits?
La tétée d’accueil est la première mise au sein de votre bébé. Elle se déroule dans les premières heures suivant la naissance, une fois que votre bébé est installé en peau à peau sur vous. Chacun se repose et se découvre. Les nombreux bienfaits qu’offrent la tétée d’accueil, pour la mère et pour le bébé, justifient qu’elle soit recommandée dans toutes les naissances, même si vous n’avez pas le souhait d’allaiter.
Pour le bébé, le colostrum comble exactement les premiers besoins du nouveau-né. Très concentré, quelques gouttes suffisent à lui donner tous ses apports nutritionnels et immunitaires pour commencer sa vie dans les conditions les plus favorables. Elle aide également à nettoyer ses intestins et à éliminer le méconium, les premières selles épaisses et collantes de votre bébé.
Pour la maman, cela favorise l’expulsion du placenta en déclenchant un pic d’ocytocine. La tétée d’accueil peut aider les mères indécises à prendre leur décision sur le mode d’allaitement qu’elle souhaite (sein ou biberon). C’est un moyen de “tester” la tétée et de se projeter plus concrètement.
Je ne veux pas allaiter jusqu’au sevrage naturel, c’est possible?
Oui. Il n’y a pas de "bonne" ou de "mauvaise" date pour arrêter l’allaitement. Certaines mères choisissent de sevrer leur bébé dès les premières semaines, tandis que d’autres continuent pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Ce qui est important, c’est de faire ce qui est le mieux pour vous, votre enfant et votre famille.
Lorsque vous décidez d’arrêter, il est recommandé de le faire progressivement pour éviter les engorgements et faciliter l’adaptation de votre bébé. Réduisez d’abord le nombre de tétées quotidiennes, puis espacez-les de plus en plus jusqu’à ce que vous vous sentiez prête à arrêter complètement. Faites vous accompagner par une sage-femme ou un professionnel spécialisé dans ce domaine.
Que se passe t-il si je réalise que je n’aime pas allaiter?
Tu arrêtes. Chaque parcours est unique, et chaque mère doit se sentir libre de suivre le chemin qui lui convient le mieux. L'essentiel est d'aborder l'allaitement avec flexibilité, en se donnant la permission de changer de cap si nécessaire, sans culpabilité ni pression extérieure. Allaiter est une option, et comme toute option, elle peut être modulée, réinventée, ou même abandonnée selon vos besoins. Il est cependant recommandé de discuter de cette décision avec la sage-femme et le co.parent afin de comprendre les causes de votre désires ou de votre ambivalence. En effet, dans certaines situations, des solutions simples peuvent être trouvées.
Je veux allaiter mais j’ai entendu dire que cela rendait les seins moches et flasques une fois que l’on arrête?
Les hormones de grossesse participent fortement à la perte de tonus des seins. Toutes les mamans sont donc souvent concernées, avec ou sans allaitement. La plupart des femmes trouvent qu’elles ont perdu de la poitrine après leurs grossesse. Cela revient partiellement plus tard. Nous en parlons plus dans le module 4 et ce thème sera développé dans le deuxième programme.
Pendant l'allaitement, les seins subissent des cycles réguliers de remplissage et de vidange, ce qui peut affecter l'élasticité de la peau. Une fois l'allaitement terminé, les seins peuvent apparaître plus relâchés si la peau et les ligaments qui soutiennent les seins ne reprennent pas entièrement leur forme d'origine.
L'âge, la génétique, la taille des seins avant la grossesse, le nombre de grossesses et la prise ou la perte de poids rapide sont également des facteurs qui peuvent influencer la tonicité des seins, souvent bien plus que l'allaitement en lui-même.
Est-ce que la forme de mes seins et de mes mamelons a une influence sur l’allaitement?
La forme et la taille des seins n'affectent pas la capacité à allaiter, et de nombreuses femmes réussissent à allaiter avec succès malgré ces variations.
Par contre, la forme des mamelons peut avoir une influence. Des mamelons plats ou inversés (ombiliqués) peuvent rendre la prise au sein plus difficile. Cela ne veut cependant pas dire que c'est impossible! Des techniques et des outils comme les téterelles, coquilles ou les tire-laits peuvent aider. Si des difficultés surviennent, il est toujours utile de consulter une conseillère en lactation pour obtenir un soutien adapté.
Conseils pratiques
Si tu hésites toujours le jour J, essaye, fais la tétée découverte. Tu peux arrêter si tu n’aimes pas. Mais tu ne pourras pas commencer ton allaitement plus tard si tu réalises que tu veux finalement essayer.
